
Opposée à la VGA Saint-Maur, pensionnaire de troisième division nationale, l’équipe féminine de l’Entente Sannois Saint-Gratien (Régional 3) s’apprête à vivre un rendez-vous spécial en Coupe de France, samedi 17 octobre. Pour créer l’exploit, le directeur technique et entraîneur Sébastien Da Sousa mise sur la jeunesse, la formation et un état d’esprit sans complexe. Le tout dans une ambiance de fête, pensée pour mettre le football féminin à l’honneur.
David contre Goliath. Sur le papier, l’affiche semble déséquilibrée. Mais sur le terrain ? D’un côté, l’Entente Sannois Saint-Gratien, pensionnaire de Régional 3, de l’autre, la VGA Saint-Maur, qui évolue en troisième division nationale. Mais pour Sébastien Da Sousa, le statut de favori ne suffira pas à faire la différence. Ses joueuses ont des arguments à faire valoir et comptent bien obliger leurs adversaires à livrer un véritable combat.
« Pour une R3, on présente quand même une belle équipe », souligne le technicien val d’oisien, également directeur technique du club. Une formation jeune, très jeune même, puisque la moyenne d’âge se situe autour de 19-20 ans. La joueuse la plus âgée de l’effectif n’aura que 21 ans à l’occasion de cette rencontre. Surtout, cette équipe est le fruit d’un travail de formation mené au sein du club. Près de 90 % des joueuses sont passées entre les mains de Sébastien Da Sousa dans les catégories de jeunes, notamment en U18. Un groupe qui a grandi ensemble et qui s’apprête à découvrir une affiche d’une autre dimension.
« On a beaucoup chassé la peur cette semaine »
Face à une équipe hiérarchiquement supérieure, la préparation n’a pas seulement été tactique. Le principal défi a d’abord été de gérer les émotions. Ne pas jouer le match avant le match. Car une rencontre de Coupe de France face à une formation de troisième division peut impressionner, particulièrement lorsque l’on est encore au début de sa carrière. « On a beaucoup rassuré. Il fallait beaucoup calmer, déstresser, décontextualiser », explique le coach, qui a notamment laissé les joueuses de troisième année et les U18 à la disposition du staff afin de permettre au groupe de travailler et, éventuellement, de se renforcer avec des jeunes capables d’évoluer à ce niveau.
Il y aura un avant, il y aura un après. Son discours auprès des joueuses est limpide : quelle que soit l’issue de la rencontre, rien d’essentiel ne changera dans leur vie. « On a rappelé que ce n’est qu’un match de foot. Quoi qu’il arrive, il durera 90 minutes. Il y aura un qualifié et un éliminé. » Pas question, donc, de laisser la pression prendre le dessus sur le plaisir. L’objectif est de profiter pleinement de cette affiche, sans se laisser paralyser par l’enjeu. Une approche qui résume bien la philosophie du technicien : préparer ses joueuses à l’événement sans leur faire perdre de vue l’essentiel.
Mettre la VGA dans l’inconfort
Pour espérer faire tomber la VGA Saint-Maur, l’Entente Sannois Saint-Gratien devra rapidement montrer qu’elle n’est pas là pour subir. Sébastien Da Sousa identifie un premier objectif : réussir l’entame de match. « Réussir un bon premier quart d’heure, je pense. Réussir un quart d’heure dans lequel on les fait douter. » L’idée est claire : perturber les certitudes de l’adversaire, l’empêcher de dérouler son jeu et lui faire comprendre que la qualification ne sera pas une formalité. Pour cela, les joueuses de l’ESSG devront limiter les espaces, imposer de l’intensité et ne laisser aucun répit à leurs adversaires.
« Le meilleur moyen de leur montrer qu’on les respecte énormément, c’est en leur donnant 100 % de ce qu’on a. Espérer également qu’on ne soit pas à 100, mais à 110. Et qu’à la fin, peut-être qu’en plus, si on arrive à les tirer vers 60, ça sera encore mieux. » Derrière cette formule, une conviction : l’Entente Sannois Saint-Gratien ne pourra pas rivaliser en se contentant de défendre son statut d’outsider. Il faudra jouer pleinement ses chances, s’engager dans chaque duel et pousser la VGA à sortir de sa zone de confort. « S’ils veulent nous battre, ça ne sera pas dans leur canapé », prévient le technicien.
Au-delà du résultat sportif, cette rencontre représente aussi un moment important pour le club et pour l’ensemble de sa section féminine. À l’ESSG, le développement du football féminin s’inscrit dans une volonté de structuration et de reconnaissance. « On a vu que le football féminin n’était pas très développé chez nous. On a essayé de prendre le problème à bras-le-corps pour le faire bien », explique Sébastien Da Sousa.
Une fête pour toute la section féminine
Le rendez-vous doit donc dépasser le simple cadre du match. Pour l’occasion, le club a choisi la pelouse d’honneur Hidalgo afin d’accueillir la rencontre dans un cadre à la hauteur de l’événement. DJ Phenix sera aux platines à partir de 16 h 30 pour accompagner cette journée festive. À la mi-temps, les U13 de l’ESSG et du FC SAM s’affronteront lors d’un concours de penalties à l’américaine. Les jeunes joueuses des différentes catégories du club, des U11 aux U18, sont également invitées à profiter de ce moment.
Une manière de célébrer le travail accompli tout au long de la saison, mais aussi de donner de la visibilité au football féminin et de rassembler toute une section autour de son équipe fanion. « C’est aussi une façon de faire une petite fête de la section féminine, parce qu’on l’a peu fait ou fait qu’en petit comité entre nous. Nos U11, nos U13, nos U15, nos U18 méritent une belle fête », insiste l’entraîneur. Un match qui comptera, quel que soit le résultat
Pour l’ESSG, la Coupe de France offre une occasion rare de se mesurer à une formation de niveau national, de se confronter à de nouvelles exigences et de créer des souvenirs collectifs. Un éventuel exploit marquerait évidemment les esprits, mais Sébastien Da Sousa refuse de réduire cette aventure à la seule qualification. « On sera de toute façon avec elles. Mais on sera à 2 000 % avec elles. Et de toute façon, ça fait déjà deux semaines qu’on est à 2 000 % avec elles. »
Le message est fort : les joueuses ne seront pas seules face à l’événement. Le staff, le club et toute la section sont derrière elles. Cette rencontre constitue déjà une étape importante dans leur parcours, indépendamment de son issue. Reste désormais à transformer cette préparation en performance sur le terrain. Pour espérer renverser la hiérarchie, l’ESSG devra faire preuve de solidarité, de courage et d’efficacité. Car en Coupe de France, l’impossible est possible et les écarts de niveau ne racontent pas toujours la même histoire.








