
Jonas Vingegaard corrige le tir. Au lendemain d’un contre-la-montre par équipes durant lequel la formation Visma-Lease a Bike n’a pas su répondre présent, l’ancien double vainqueur du Tour de France a apposé sa marque sur l’édition 2026 de Paris-Nice sur les hauteurs d’Uchon. Une étape longue de 195 kilomètres au départ de Bourges qui s’est élancée dans des conditions rendues très compliquées par une pluie battante… mais c’est le vent qui a très vite joué les premiers rôles. En effet, après moins de cinq kilomètres, un peloton lancé à plus de 50km/h a commencé à se scinder en plusieurs grappes de coureurs.
Un événement qui aura lourdement influé sur le scenario de cette journée. En effet, si le porteur du maillot jaune Juan Ayuso, Jonas Vingegaard ou encore Oscar Onley ne sont pas tombés dans le piège, les espoirs tricolores ont tout de suite perdu pied. Lenny Martinez s’est retrouvé dans un deuxième échelon quand Kévin Vauquelin a pris place dans un troisième. Deux groupes qui se sont vite rejoints mais la quarantaine de coureurs présents aux avant-postes n’ont pas baissé de pied. En conséquence, l’écart n’a eu de cesse de grandir pour dépasser la minute. Un scenario qui a généré de la nervosité et provoqué des erreurs. Après Clément Russo, ce sont Oscar Onley et Dan Hoole qui sont allés à terre.
Ayuso a tout perdu
Si le Britannique a pu reprendre la route et reprendre place dans le groupe de tête, le Néerlandais a dû jeter l’éponge après avoir brillé dans le final menant à Montargis ce lundi puis celui du chrono disputé ce mardi. Derrière, l’espoir d’un retour du groupe Martinez-Vauquelin a pu exister quand l’écart est passé sous la minute avec un peu plus de 80 kilomètres encore à parcourir. Toutefois, les Tricolores ont été quasiment les seuls à rouler et se sont vite époumonés. Une course qui a définitivement basculé dans l’irrationnel à l’orée des 45 derniers kilomètres. Ce qui est intervenu sur une route détrempée et dans une portion descendante après l’ascension de la Côte de la Croix des Cerisiers.
Alors que l’équipe Red Bull-Bora-Hansgrohe a imposé un gros tempo, Juan Ayuso est allé violemment à terre tout comme Brandon McNulty ou Ivan Romeo. S’il a tenté de repartir, la douleur était trop forte pour le coureur de l’équipe Lidl-Trek, dont l’abandon a très vite été confirmé. Une autre conséquence de cet incident a été la formation d’un groupe de sept coureurs en tête de la course avec Jonas Vingegaard et Mathias Vacek entourés de cinq membres de la formation Red Bull-Bora-Hansgrohe. Ces derniers ont pris leurs responsabilités et fait céder le Tchèque. Le Danois est alors resté serein en vue de l’explication finale sur les pentes du Signal d’Uchon.
Vingegaard a saisi sa chance
Les jumeaux Mick et Tim van Dijke ont roulé pour leur leader Daniel Felipe Martinez, ce qui leur a valu le prix de la combativité à l’issue de l’étape. Un effort qui a permis au groupe de tête de repousser à plus de trois minutes les poursuivants, un groupe dans lequel Kévin Vauquelin a fait craquer son coéquipier Oscar Onley. Pour la victoire d’étape, tout s’est joué sous la flamme rouge. Après avoir été longtemps dans les roues de ses adversaires, Jonas Vingegaard a placé un seul démarrage qui s’est avéré décisif. Le leader de l’équipe Visma-Lease a Bike s’est alors envolé pour l’emporter avec 41 secondes d’avance sur Daniel Felipe Martinez.
Tim van Dijke complète le podium à 45 secondes. Au terme d’une journée très compliquée, Kévin Vauquelin concède un peu plus de trois minutes et demie à Jonas Vingegaard. Ce dernier s’empare ainsi du maillot jaune de leader du classement général avec 52 secondes d’avance sur Daniel Felipe Martinez quand Georg Steinhauser pointe à plus de trois minutes… mais n’a que 19 secondes d’avance sur Kévin Vauquelin, qui garde toutes ses chances de jouer le podium à la fin de la semaine. Le peloton aura l’opportunité de retrouver ses esprits ce jeudi avec 206,3 kilomètres à parcourir entre Cormoranche-sur-Saône et Colombier-le-Vieux, avec un final propice aux baroudeurs.






